Comment poursuivre après la COP21 et sans le gouvernement américain ?

COP21 interpellation des Chefs d'EtatLa 21ème conférence internationale de Paris a levé de grands espoirs pour confirmer des décisions planétaires à ne pas dépasser et même rester en dessous des + 2° de réchauffement de la planète.

L’accord signé par 196 représentants internationaux dans un contexte d’égoïsmes, d’intérêts nationaux et de forces d’obstruction aurait pu cependant être considéré comme une base de réussite si l’élection du nouveau président américain et sa position intransigeante n’avaient remis en cause ce fragile édifice !

Mais un schéma intéressant se dessine dans cette Amérique où le président ne concentre pas tous les pouvoirs. D’ores et déjà, de grandes entreprises, des Etats et des villes poursuivent la dure bataille de la transition énergétique, hélas aidés par les désastreux événements planétaires : pollutions de l’air en Chine, extrêmes sécheresses et accident industriel en Californie, inondations en Sibérie et en Grande-Bretagne, incendies gigantesques au Canada et aux U.S., réduction dangereuse des flux de grands cours d’eau en Russie et Colombie…

La question centrale des énergies fossiles

La conférence avait « élégamment » esquivé la nécessaire question du désinvestissement des exploitations des énergies fossiles (mines de charbon, pétrole, gaz, schistes, sables bitumineux…) sous la double influence des entreprises pétrolières et des pays aux riches gisement (Arabie saoudite,  Russie, le Canada…). Et quid ? du programme d’investissement dans le charbon et le pétrole du président Trump ? Pour l’heure, les technologies de captation du carbone qui éviteraient l’émission dans l’atmosphère des gaz à effet de serre sont encore au stade de la recherche et les solutions (s’il en existe vraiment à hauteur des enjeux !) ne sont pas à l’ordre du jour.

Notons l’expression de premiers consensus pour fixer un prix au carbone pour renchérir les productions de biens et de services fortement consommatrices d’énergie fossile et les orienter vers une réelle alternative. Mais là encore, comment agir sans les U.S.A. ?

Aux citoyens-consommateurs de faire pression sur tous les leviers – banques, entreprises fossiles, pouvoir politique… – et de modifier les pratiques au quotidien pour économiser l’énergie.

Et la société civile dans tout cela ?

COP21 Montreuil décembre 2015
COP21 Montreuil décembre 2015

Les citoyens et tous les acteurs de la démocratie doivent maintenir la pression avec constance et détermination tout en activant la transition dans leur propre vie et celle de leurs descendants.

Si leurs moyens sont limités pour influer à l’échelle internationale, ils disposent néanmoins d’une solide marge de manœuvre pour agir là où ils vivent – et tout particulièrement dans les pays occidentaux  –  à travers leurs choix de consommation, d’épargne, d’interpellation du politique, voire leur capacité à occuper l’espace public pour dénoncer des décisions incohérentes prises (ou non prises) sous l’impulsion des lobbies.

En tant que Grands-Parents, nous devons résister au défaitisme ambiant en déployant volonté et audace dans nos agissements  au service de nos petits-enfants, de tous les petits enfants du monde et des générations qui leur succéderont.