Comment poursuivre après la COP21 ?

COP21 interpellation des Chefs d'EtatLa 21ème conférence internationale de Paris a levé de grands espoirs pour confirmer des décisions planétaires à ne pas dépasser et même rester en dessous des + 2° de réchauffement de la planète.

Après l’aventure désastreuse de leur précédent président refusant d’accepter la réalité de la gravité du dérèglement climatique mondial, le nouveau président a fait revenir les U.S.A. dans l’Accord de Paris

Mais bien avant, un schéma intéressant s’était dessiné dans cette Amérique où le président ne concentre pas tous les pouvoirs. De grandes entreprises, des Etats et des villes ont poursuivi la dure bataille de la transition énergétique, il est vrai, « encouragés par les catastrophiques événements planétaires : pollutions de l’air en Chine, extrêmes sécheresses et accident industriel en Californie, inondations en Sibérie et en Grande-Bretagne, incendies gigantesques au Canada et aux U.S., réduction dangereuse des flux de grands cours d’eau en Russie et Colombie…

La question centrale des énergies fossiles par temps de guerre en Ukraine

Si la conférence avait « élégamment » esquivé l’affaire du nécessaire désinvestissement des exploitations des énergies fossiles (mines de charbon, pétrole, gaz, schistes, sables bitumineux…) sous la double influence des entreprises pétrolières et des pays aux riches gisements (Arabie saoudite,  Russie, le Canada…), la guerre en Ukraine remet brutalement la question sur le devant de la scène internationale et en des termes mêlant environnement, économie et politique. Comment enclencher un cercle vertueux des pays développés dans leur désintoxication aux énergies fossiles quand le prix des énergies fossiles flambe et que la transition énergétique est à peine engagée ?

L’Europe avance à tâtons, non sans contradictions car les intérêts de chaque pays ne sont guère en harmonie. D’un côté, des décisions sont annoncées de réduire de 60% la dépendance en gaz vis-à-vis de la Russie, mais négocie une plus grande production de pétrole des pays de l’OPEP… y compris de la Russie. La Commission européenne a ainsi lancé RePowerEU, une opération d’urgence très ambitieuse mais risquée selon le think tank Institut Montaigne, qui prévoit de diminuer la dépendance européenne au gaz russe de 100 milliards de m3 en 12 mois.

Selon  la Banque mondiale, la lutte pour le climat passe par un prix au carbone pour renchérir les productions de biens et de services fortement consommatrices d’énergie fossile et les orienter vers une réelle alternative.  Aux citoyens-consommateurs de faire pression sur tous les leviers – banques, entreprises fossiles, pouvoir politique… -, de modifier leurs propres pratiques au quotidien pour économiser l’énergie et d’obtenir l’accompagnement de ces décisions publiques, notamment en direction des populations les plus fragilisées.

 Et la société civile dans tout cela ?

COP21 Montreuil décembre 2015
COP21 Montreuil décembre 2015

Les citoyens et tous les acteurs de la démocratie doivent maintenir la pression avec constance et détermination tout en activant la transition dans leur propre vie et celle de leurs descendants.

Si leurs moyens sont limités pour influer à l’échelle internationale, ils disposent néanmoins d’une solide marge de manœuvre pour agir là où ils vivent – et tout particulièrement dans les pays occidentaux  –  à travers leurs choix de consommation, d’épargne, d’interpellation du politique, voire leur capacité à occuper l’espace public pour dénoncer des décisions incohérentes prises (ou non prises) sous l’impulsion des lobbies.

En tant que Grands-Parents, nous devons résister au défaitisme ambiant en déployant volonté et audace dans nos agissements  au service de nos petits-enfants, de tous les petits enfants du monde et des générations qui leur succéderont.